Général commandant le Centre des Hautes Etudes Militaires (CHEM), Benoît Durieux a rassemblé dans cet ouvrage les contributions de quinze de ses stagiaires, ce qui constitue à la fois un exercice inédit mais également fructueux. En l’occurrence, ils publient ainsi des chapitres qui sont le fruit de leurs réflexions et leurs lectures et qui montrent une belle prise de hauteur sur les sujets traités.

Ils se répartissent en trois parties – « le temps de l’incertitude », « le temps de la sagesse stratégique » et « le temps des opérations militaires globales » – et peuvent aborder des sujets délicats comme la contre-insurrection, le Livre blanc ou encore l’aptitude à pouvoir gérer les crises de manière globale.

Il n’en demeure pas moins qu’en travaillant avec une logique de démonstration et de recherche de savoir plus que du seul partage d’opinions, on en arrive à des visions d’autant plus éclairées et nuancées que les auteurs sont également des praticiens expérimentés. Au sein de ces contributions, plusieurs nous sont apparues plus particulièrement intéressantes.

C’est le cas sur la stratégie des moyens, beaucoup trop rarement abordée en tant que telle eu égard à ses enjeux stratégiques et budgétaires (J. Fayard). Ce l’est également sur la nécessité d’une « nouvelle Jeune école » et l’application aux milieux désertiques des logiques de stratégie navale, un parallèle souvent fait mais peu exploré au travers des concepts de rezzou et de swarming (C. Lucas).

La lecture d’Al Qaïda au travers de la théorie du foco (P. Pottier) offre également un angle d’approche intéressant ; tout comme sur le concept d’empreinte légère et la manière dont il est vu des deux côtés de l’Atlantique (R. Ohnet). L’ouvrage, sur lequel plane l’ombre d’un Clausewitz que B. Durieux connaît bien, est donc plus que recommandable et l’on espère que l’expérience sera à nouveau tentée avec la prochaine promotion.