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Un nouveau phénomène conceptuel made in USA : le combat multidomaine

Les logiques multidomaines renvoient, plus qu’aux opérations combinées traditionnelles, aux logiques de synergie – lesquelles ont notamment été explorées en Europe au début des années 2000, en stratégie aérienne. (© US Air Force)
Grandes productrices en la matière, les armées américaines nous ont de longue date habitués à développer et diffuser toutes sortes de concepts présentés comme étant une – si ce n’est la – réponse à l’évolution de l’environnement opérationnel. C’est aujourd’hui le « combat multidomaine » qui monte en puissance. (*)

Les concepts développés par les Américains sont en règle générale largement commentés, et il n’est pas exceptionnel de les voir par la suite repris par les armées alliées. Certains de ces concepts peuvent néanmoins avoir une durée de vie limitée, là où d’autres marqueront plus volontiers leur époque. On se souviendra évidemment, parmi quelques exemples fameux, de l’AirLand Battle, des Effects-Based Operations (EBO) ou de l’AirSea Battle. Sans être à proprement parler conceptualisée, l’agility poursuit son bonhomme de chemin, tendant à devenir un véritable buzzword. De manière surprenante, et alors qu’il connaissait une carrière des plus honorables depuis qu’il avait été poussé il y a une quinzaine d’années par l’Office of Net Assessment, l’acronyme A2/AD (Anti Access/Area Denial) a récemment été remis en question par le chef d’état-major de l’US Navy, l’amiral John Richardson, qui déclarait début octobre que l’USN devrait dorénavant s’abstenir d’y recourir, considérant que cet acronyme ne renvoie à rien de nouveau et qu’il est devenu porteur de généralités et d’ambiguïtés (1).

Dernier-né de ce foisonnement conceptuel, le « combat multidomaine » est aujourd’hui largement porté par les autorités militaires américaines. Certains documents majeurs publiés ces dernières années en laissaient apparaître quelques bribes, comme le Joint Operational Access Concept de 2012 qui évoquait une « cross-domain synergy » (2) ou la National Military Strategy de 2015 (3). Mais on observe depuis quelques mois une montée en puissance de ce concept dans le discours du Département de la Défense et des armées. Le combat multidomaine apparaît par exemple au cœur de la transformation de l’US Army. Le Training and Doctrine Command (TRADOC), en étroite collaboration avec les autres armées, travaille ainsi sur un document de portée doctrinale spécifique. Illustration de l’intérêt interarmées accordé au sujet, il fut le thème d’une imposante table ronde lors de la dernière conférence annuelle de l’Association of the US Army (3‑5 octobre 2016). Cette réunion de haut niveau intitulée « Multi-Domain Battle: Ensuring Joint Force Freedom of Action in Future War » a été ouverte par Robert O. Work, secrétaire adjoint à la Défense, et le général David G. Perkins, commandant le TRADOC. Sont ensuite intervenues d’autres personnalités, et non des moindres : la sous-secrétaire à la Navy, le chef d’état-major de l’US Air Force, les officiers généraux commandant le Pacific Command, le Marine Corps Combat Development Command et l’US Army Pacific, ainsi que le général commandant l’unité de modernisation et de planification stratégique de l’armée de terre australienne. On mesure sans peine, devant un tel aréopage, l’importance que revêt le concept au sein du commandement militaire et, plus largement, de la communauté de défense américaine. Notons toutefois que cette représentation australienne s’explique par le fait que Canberra poursuit une démarche comparable. Le plan de transformation de la Royal Australian Air Force (Plan Jericho), par exemple, prend en partie appui sur une logique d’intégration multidomaine, laquelle fut le thème de l’édition 2016 de sa conférence annuelle (« Multi-Domain Integration: Enabling Future Joint Success »). De la même manière, l’approche multidomaine est l’un des sujets majeurs de l’US Air Force. Son Future Operating Concept paru en septembre 2015 pose ainsi le C2 multidomaine comme la première des cinq core missions de l’USAF à l’horizon 2035 (4). S’inscrivant dans une forme de continuité, son nouveau chef d’état-major, le général David Goldfein, en a naturellement fait l’une de ses trois priorités, les deux autres étant la revitalisation des escadrons et une meilleure préparation des aviateurs pour tenir des postes interarmées et assurer des commandements de niveau opératif.

Sans présager de la longévité de la notion, de ce concept naissant, on peut raisonnablement penser que le combat multidomaine sera, quelques années durant, au cœur des développements des forces armées américaines. Certains y voient d’ailleurs déjà « une subtile mais importante transition dans la pensée militaire (5) ». Bien au-delà de sa dimension conceptuelle stricto sensu, les implications potentielles qu’il revêt apparaissent des plus larges, renvoyant à des considérations d’ordre capacitaire, organisationnel, de formation et d’entraînement, etc. Reste qu’il peut être parfois frappant de voir un concept irriguer les discours, la littérature, le débat stratégique sans qu’il soit toujours véritablement mis en question, sans qu’il y ait nécessairement en amont un travail épistémologique permettant de cerner l’objet et ses attendus, de comprendre ce qu’il est, ce qu’il vise et ce qu’il implique. Le combat multidomaine présentant tous les attributs d’un buzzword en devenir, il apparaît utile de revenir sur sa terminologie et d’en comprendre le processus.

De quoi parle-t-on ?

Le terme « domaine » apparaît régulièrement dans le discours et la littérature stratégiques. On se souviendra par exemple qu’en 2013, le général Amos, chef d’état-major de l’US Army, le général Odierno, commandant le corps des Marines, et l’amiral McRaven, alors à la tête de l’US Special Operations Command, avaient cosigné un livre blanc centré autour de la notion de « domaine humain (6) ». Plus récemment, lors du sommet de Varsovie, l’OTAN a qualifié le cyberespace de « domaine d’opérations (7) ». Pour autant, on ne peut que constater l’absence de « définition doctrinale » de ce terme (8), y compris dans le DoD Dictionary of Military and Associated Terms ou le glossaire OTAN (AAP‑06), et alors même paradoxalement que l’on reconnaît qu’il en existe (au moins) cinq (9) : les domaines aérien, terrestre, maritime, spatial et cyber. Tous font l’objet de définitions et leurs principales caractéristiques sont identifiées de sorte que l’on sait expliquer ce qu’ils sont et ce qu’ils offrent. S’il ne fait donc pas l’objet d’une définition dans les recueils de terminologie officiels, le terme « domaine » n’est pas pour autant dépourvu de sens. Il renvoie à un ensemble, à un secteur (géographique, physique ou d’activité) sur lequel une entité exerce en général une influence ou une responsabilité. Présentant l’avantage majeur d’être fédérateur, d’être englobant, il a le mérite de résoudre l’équation visant à réunir sous une même appellation quatre milieux physiques et un champ immatériel (10).

Partant de ce point, on imagine a priori qu’une approche serait multidomaine dès lors qu’elle impliquerait l’utilisation d’au moins deux d’entre eux. Mais cela n’est pas suffisant, comme l’expliquait le général Perkins (11). La démarche va plus loin. Le Capabilities Integration Center de l’US Army voit le combat multidomaine comme un emploi plus innovant des capacités devant permettre de faire face à de nouveaux défis. Il permettrait aux forces, en l’occurrence américaines, « de défaire des adversaires sur les plans physique et cognitif, en mettant en œuvre des armements dans et à travers tous les domaines » et fournirait « un moyen flexible pour mettre un ennemi face à de multiples dilemmes (12) ». L’approche multidomaine serait en quelque sorte une forme de « synergie », un emploi intégré de plusieurs domaines en vue de produire un « effet [militaire] combiné plus grand que la somme de leurs effets séparés (13) ». C’est essentiellement en cela que ce concept se différencie de l’approche joint qui consiste à mettre en œuvre et à coordonner les moyens des différentes armées. Le Joint Operational Access Concept soulignait déjà la différence en 2012, précisant que « là où la synergie inter-armées se concentre sur l’intégration des capacités des armées, la synergie cross-domain nécessite l’intégration à travers les domaines sans se préoccuper de savoir quelle armée fournit l’action ou la capacité (14) ».

Le combat multidomaine ambitionne donc de dépasser ce qui fut « l’orthodoxie des opérations militaires depuis la Seconde Guerre mondiale (15) ». Il ne s’agit plus uniquement de coordination des actions, mais bien de décloisonnement des espaces et des milieux en pensant la manœuvre de manière globale et intégrée. Ce qui implique que chaque armée « étende sa zone de responsabilité » et intervienne dans des domaines qui ne lui sont pas traditionnels (16). Le Future Operating Concept de l’USAF explique en ce sens que s’il porte essentiellement sur l’intégration de l’air, de l’espace et du cyberespace, « ce n’est que lorsque les opérations dans ces domaines sont correctement intégrées avec celles dans les domaines terrestre et maritime que l’équipe interarmées pourra atteindre son véritable potentiel (17) ». Le sous-secrétaire à la Défense, Robert Work, souhaitait ainsi, lors de la conférence de l’Air Force Association, que les aviateurs puissent « conduire la force interarmées à une nouvelle manière de penser, où les effets de la supériorité aérienne pourraient trouver leur origine sous la mer et la supériorité terrestre être rendue possible par des […] effets multidomaines et multifonctionnels. Et la supériorité maritime acquise par des opérations conjointes en mer, sur terre et dans les airs (18) ».

Pour quoi faire ?

Au-delà des annonces et des désirs exprimés, il reste néanmoins la question de la finalité. Que le concept paraisse intellectuellement intéressant est une chose, encore faut-il qu’il ait un objectif clair, voire, idéalement, qu’il réponde à un besoin. Or, au regard de la théorie stratégique, il faut bien admettre qu’il ne change pas grand-chose. Par ailleurs, dire qu’une plus grande intégration n’est rendue nécessaire que parce qu’il existe plusieurs domaines dans la guerre ou parce que cela constituerait une évolution naturelle ne peut suffire à justifier pleinement la démarche. Qu’il y ait dans l’esprit une forme de continuité est évidemment recevable. La collaboration accrue entre les armées est une tendance marquée, comme en témoigne l’évolution des opérations au cours des deux dernières décennies. Qu’il y ait une forme d’interdépendance entre certains domaines est tout aussi vrai, de sorte qu’une faiblesse ou un échec dans l’un n’est pas sans conséquence dans les autres (19). Le cyber, dont on sait l’importance pour les opérations, ne serait-ce que dans leur conduite ou pour les échanges, est symptomatique. Et il n’en va pas différemment pour l’espace, qui tend d’ailleurs à être de plus en plus congestionné et contesté. Ce domaine, dont il convient d’avoir une lecture globale, incluant les satellites, les liaisons et les stations au sol, a un rôle prépondérant dans la disponibilité des ressources. Une attaque contre l’un des segments, qu’elle soit physique ou qu’elle relève de manœuvres de déception ou de brouillage, peut donc avoir de lourdes conséquences sur l’ISR, les communications, les signaux GPS, etc. Mais cela ne répond en réalité que partiellement à la question de savoir en quoi l’approche multidomaine est une nécessité, en quoi elle doit être mobilisée contre l’adversaire. Existe-t‑il un besoin en ce sens ou ne s’agit-il que d’un discours incantatoire, voire une manière pour les États-Unis d’exporter leur vision et de promouvoir incidemment certaines capacités ?

L’objectif, tel que présenté, est le maintien de l’avantage et de l’initiative dans un environnement marqué par le durcissement opérationnel, des engagements de diverses intensités et la prolifération de capacités de nivellement, notamment A2/AD ou des technologies de missiles. De là découle un risque que la liberté d’action soit entravée et que la joint force ne puisse plus bénéficier de la supériorité. L’approche multidomaine est alors présentée comme l’élément de réponse, comme le moyen de préserver la liberté d’action et de conserver cette supériorité. Elle doit permettre de défaire l’adversaire, quelle que soit sa nature, en faisant peser sur lui de « multiples dilemmes (20) » par des actions à la fois dans les champs physiques et immatériels tout en multipliant les options des forces amies engagées. Il s’agit de créer de la complexité chez l’ennemi. La notion de dilemme, employée notamment par le Capabilities Integration Center de l’US Army, est intéressante de ce point de vue. Elle est l’un des éléments qui, ajoutés à d’autres (excellence tactique, supériorité matérielle, morale, etc.), doivent mettre l’ennemi dans une posture complexe et en situation défavorable. Le combat multidomaine doit ainsi conduire l’adversaire à une forme de conflit insoluble, à une surcharge permettant de le surpasser, étant entendu qu’il ne s’agit pas d’intervenir de manière systématique dans l’ensemble des domaines, qui plus est à parts égales, et que la combinaison des moyens dépend évidemment des capacités adverses, des vulnérabilités et de l’objectif poursuivi.

Certains observateurs y voient la possibilité non plus seulement de coordonner les effets comme cela est aujourd’hui le cas, mais bel et bien « d’intégrer les opérations afin que les moyens puissent librement opérer dans et à travers tous les domaines (21) ». Toutes proportions gardées, et même s’il nécessite encore un travail doctrinal évident, ne serait-ce que pour répondre à la question de savoir comment livrer ce combat, le concept n’est alors pas sans rappeler dans l’esprit l’évolution qu’a connue le combat interarmes, ni même sans soulever quelques interrogations au regard de ses potentielles implications.

Un concept non dénué de complexité

Force est alors de constater, au moins en première lecture, que si le combat multidomaine vise à porter la complexité chez l’adversaire, le concept n’en est lui-même pas dépourvu. D’un point de vue technologique tout d’abord, au regard des développements sous-tendus pour connaître, dans la durée, l’ensemble des ressources et des moyens disponibles, quel que soit le domaine. Derrière ce besoin de connaissance transparaît celui de l’interconnexion, de la connectivité, qui est un point clé pour passer de la décision aux effets. Le combat multidomaine nécessite donc d’imaginer un dialogue entre les différents systèmes, nationaux et alliés, pour relier les réseaux (grids) des effecteurs, des capteurs et de l’information. Le combat cloud pourrait à cet égard faciliter le partage et l’accès à l’information tandis que la distributivité élargirait en termes d’effets le champ des possibles. Un exercice de tir réel réalisé en septembre dernier par Lockheed Martin, l’US Navy et le corps des Marines a témoigné de l’apport de la connectivité et de la coordination multidomaine. Cet essai a permis l’action intégrée d’un F‑35B du Marine Operational Test and Evaluation Squadron 1 et d’un système Aegis embarqué pour l’occasion sur l’USS Desert Ship « croisant » en plein désert du Nouveau-Mexique… Le premier ayant détecté une menace, il a, grâce à son multifunction advanced data link, pu transmettre les données à une station sol reliée au second qui a alors pu engager la cible et la détruire avec succès. Cet essai illustre bien tout le potentiel du concept de combat multidomaine et de la connectivité qui ouvre vers de nouveaux modes d’action collaboratifs.

D’autres développements technologiques sont appelés à tenir une place importante dans cette approche multidomaine ; l’un a trait à l’intelligence artificielle et aux systèmes d’aide à la décision puisque l’on mesure aisément la complexité et l’augmentation du nombre de données que de telles opérations impliqueront. Non sans surprise, ce sujet constitue l’un des points majeurs de la Third Offset Strategy développée et portée par le Pentagone. Mais si l’on considère alors que les opérations multidomaines prendront notamment appui sur l’intégration, la fusion de données et l’intelligence artificielle, et qu’il s’agit là d’autant de segments sur lesquels les États-Unis sont d’ores et déjà engagés, on s’étonne un peu moins que le concept bénéficie d’un tel soutien au sein de la communauté de défense américaine.

Le combat multidomaine ne sera pas non plus exempt de complexités organisationnelles. Des normes, des procédures, des domaines de responsabilité établis permettent aujourd’hui de concevoir et de conduire les opérations, interarmées et interalliées, de manière maîtrisée. La mise en application du concept pourrait, si ce n’est bouleverser, tout au moins conduire à revisiter le commandement et le contrôle. C’est là un aspect sur lequel l’US Air Force s’est positionnée, comme en témoigne, dans le Future Operating Concept, sa vision du C2 multidomaine à l’horizon 2035. Les principaux responsables américains envisagent d’ailleurs sans peine de nécessaires adaptations, à commencer par le sous-secrétaire Work qui a témoigné son soutien aux efforts de l’USAF pour faire évoluer le modèle actuel de CAOC vers un centre de commandement multidomaine devant permettre à l’Air Force « de planifier, conduire et évaluer les opérations multidomaines intégrées (22) ».

De telles évolutions ne seront bien évidemment pas sans conséquence sur les ressources humaines. La conception, par exemple, des opérations multidomaines mobilisera des ressources cognitives spécifiques pour appréhender la complexité et penser la guerre à travers l’ensemble des domaines. Elle appellera des connaissances fines des spécificités et apports de chacun d’entre eux. Cela pourra amener à repenser certaines séquences des relations humaines afin de recruter, former et entraîner les personnels aux exigences qu’imposeront ces opérations complexes. Il s’agira notamment d’identifier le plus clairement possible les compétences et capacités cognitives recherchées afin d’adapter le recrutement au besoin. Certaines évolutions sont d’ores et déjà en cours, en particulier dans le domaine de l’entraînement, où l’on observe que l’exercice « Red Flag » a récemment poussé l’approche multidomaine à un niveau encore jamais atteint (23) tandis que la simulation voit s’élargir le champ des possibles grâce aux avancées de la réalité virtuelle. Mais les évolutions les plus notables, et sans aucun doute les moins évidentes à mettre en œuvre, porteront sur la formation des personnels afin de leur permettre d’acquérir un mode de pensée multidomaine. Comme l’explique Albert Palazzo, être en mesure de voir la guerre à travers le prisme de domaines intégrés plutôt que cloisonnés et indépendants les uns des autres nécessitera des compétences différentes de celles d’aujourd’hui (24).

Présenté comme la prochaine évolution majeure des opérations, plus d’ailleurs que comme une révolution en soi, le concept de combat multidomaine porte en lui un certain nombre d’implications dans des registres très divers, dont les principales, au-delà des considérations technologiques, toucheront au recrutement et à la formation des personnels. Il s’agira de pouvoir les amener à prendre leur place dans des environnements particulièrement complexes en mobilisant des connaissances, des savoir-faire et des ressources cognitives autrement différentes de celles exigées par les opérations actuelles. Il s’agira plus que jamais d’avoir une vision et une compréhension claires de la manœuvre globale. Il n’est alors guère étonnant de voir certaines armées de l’air, américaine et australienne en premier lieu, engagées dans cette voie compte tenu du caractère universel de l’espace aérospatial, du fait qu’il englobe tous les milieux et qu’il est, par nature, en interface avec tous les domaines et un ensemble de systèmes. C’est ce que relevait finalement le général Goldfein durant la conférence de l’Air Force Association en évoquant l’Air Force comme le « tissu conjonctif pour la force interarmées ».

(*) Les propos et réflexions sont propres à leur auteur et n’engagent aucunement l’institution à laquelle il appartient.

Notes
(1) « Maintaining Maritime Superiority with Admiral John Richardson », Center for Strategic and International Studies, 3 octobre 2016 (https://www.csis.org/events/maintaining-maritime-superiority-admiral-john-richardson).
(2)  Department of Defense, Joint Operational Access Concept (JOAC), janvier 2012, p. 14-17. Cette synergie y est définie à plusieurs reprises comme « l’emploi complémentaire, et non simplement cumulatif, de capacités dans différents domaines de sorte que chacune renforce l’efficacité et compense les vulnérabilités des autres ». Odom et Hayes vont dans un sens comparable en précisant que « cela implique souvent l’application des capacités d’un domaine à l’autre, avec comme objectifs principaux d’améliorer les performances opérationnelles et de réduire les redondances interarmées non nécessaires » : William O. Odom, Christopher D. Hayes, « Cross-Domain Synergy: Advancing Jointness », Joint Force Quarterly, vol. 73, no 2, 2014, p. 124.
(3)  Joint Chief of Staff, National Military Strategy of the United States of America, juin 2015, p. 11.
(4)  United States Air Force, Air Force Future Operating Concept. A View of the Air Force in 2035, septembre 2015, p. 14-18.
(5)  Jeffrey M. Reilly, « Multi-domain Operations. A Subtle but Significant Transition in Military Thought », Air and Space Power Journal, vol. 30, no 1, printemps 2016, p. 61-73.
(6)  Sont entendus ainsi « les environnements physique, culturel et social » : USA, USMC, USSOCOM, Strategic Landpower: Winning the Clash of Wills, 2013.
(7)  Communiqué du Sommet de Varsovie, 9 juillet 2016, § 70. À l’inverse, on se rappellera l’article de Martin C. Libicki, « Cyberspace is not a Warfighting Domain », Journal of Law and Policy for the Information Society, vol. 8, no 2, automne 2012, p. 322-336. Notons enfin que le cyber constitue pour le DoD un « domaine global » : Department of Defense Dictionary of Military and Associated Terms, Joint Publication 1-02, version du 15 février 2016, p. 58.
(8)  Jeffrey M. Reilly, op. cit., p. 71.
(9)  D’autres ajouteront à cette liste le domaine des perceptions, la sphère médiatique, incluant les réseaux sociaux, etc.
(10)  La notion de milieu ne pouvant être appliquée au cyber dès lors qu’on entend « milieu » comme un environnement naturel circonscrit doté d’un certain nombre de caractéristiques physiques/géographiques propres.
(11)  Voir Jon Harper, « Pentagon pushing multi-domain battle concept », National Defense Magazine, 4 octobre 2016.
(12)  US Army Capabilities Integration Center, « Multi-Domain Battle. Combined Arms for the 21st Century » (http://www.arcic.army.mil/App_Documents/Multi_Domain_Battle.pdf).
(13)  Odom et Hayes, op. cit., p. 124.
(14)  JOAC, op. cit., p. 16.
(15)  Albert Palazzo, « When Joint is Not Enough, Is Multi-Domain the Answer? », Small Wars Journal, 7 octobre 2016.
(16)  Voir Jon Harper, op. cit.
(17)  USAF, Future Operating Concept, op. cit., p. 9.
(18)  « Remarks to the Air Force Association as delivered by Deputy Secretary of Defense Robert Work », Washington DC, 21 septembre 2016.
(19)  Jeffrey M. Reilly, op. cit., p. 67.
(20)  Albert Palazzo, David P. Mclain, « Multi-Domain Battle: A New Concept for Land Forces », 15 septembre 2016, www.warontherocks.com.
(21)  Albert Palazzo, « When Joint… », op. cit.
(22)  USAF, Future Operating Concept, op. cit., p. 14.
(23)  Dan Lamothe, « In the Nevada desert, the U.S. military prepares for a new kind of warfare », Washington Post, 9 août 2016.
(24)  Albert Palazzo,« When Joint…», op. cit.

Article paru dans DSI n°127, janvier-février 2017.

À propos de l'auteur

Grégory Boutherin

Commandant (air), docteur en droit public, Grégory Boutherin est actuellement en poste au bureau «  plans  » de l’état-major de l’armée de l’Air (division «  veille et études stratégiques  »). Il a notamment codirigé les ouvrages En vol vers 2025. Réflexions prospectives sur la puissance aérospatiale (avec Camille Grand) et Les drones aériens : passé, présent et avenir. Approche globale  (et al.).

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