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Présidentielle 2017 : quelle défense pour le prochain quinquennat ?

De nombreux articles pour identifier les enjeux (Pour commander ce numéro, cliquez ici).

Les élections présidentielles sont un moment crucial de la vie politique française. Le chef de l’État, chef des Armées, a dans la Ve République une fonction centrale, d’autant plus marquée que l’actualité stratégique est chargée. La multiplication des opérations et la surchauffe des armées, le danger djihadiste (celui, direct, des attaques, comme l’indirect, menaçant la cohésion nationale), la pérennité de la dissuasion, ou encore la fameuse « bosse budgétaire » alors que la modernisation des capacités conventionnelles est impérieuse, sont autant d’enjeux du prochain quinquennat. En matière de défense, rien ne sera simple – en particulier dans le contexte post-20 janvier aux États-Unis – et, à bien des égards, la situation stratégique actuelle est d’autant plus exceptionnelle que plus de quarante ans d’État-providence ne permettent plus de parvenir aux mobilisations nationales observées plus tôt dans l’histoire. Si les ressources à disposition de la Nation n’ont jamais été aussi importantes, les champs d’investissement de la puissance publique n’ont jamais été aussi larges. Éviter le déclassement imposera donc des choix et l’histoire jugera certainement le prochain locataire de l’Élysée à son aptitude, à la fois à les opérer et à en faire la pédagogie.

Les choix qu’aura à faire le futur chef de l’État ne se limitent pas au seul niveau managérial de la captation des ressources nécessaires à la défense nationale. À bien des égards, ce seront aussi des choix de société ayant la portée la plus hautement politique qui soit. D’un point de vue idéal-typique, la France a toujours oscillé entre deux extrêmes, d’une « armée de la République » (de masse) à une « nouvelle armée d’Ancien Régime », compacte, techniquement excellente, mais au risque d’une soumission de la politique à la technique, et à celle d’un emploi discrétionnaire par l’exécutif au regard de la représentation nationale. L’évocation, ces derniers mois, d’une Garde nationale (qui n’est guère pour l’instant qu’un label) ou d’un retour au service militaire sont, de ce point de vue et en dépit de leur idéalisation, bien plus que des modalités d’accroissement de la liberté d’action politique : ce sont de véritables interrogations, profondes, sur la nature de la stratégie de défense de la France.

Notre démarche

Comme en 2007 et en 2012, nous avons le plaisir de vous présenter les réponses de six candidats à l’élection présidentielle  (François Fillon, Benoît Hamon, Yannick Jadot – qui ne s’était pas encore désisté à l’époque -, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon) au questionnaire que nous leur avons préparé. Pour sa rédaction, nous avons privilégié une focalisation sur la politique de défense stricto sensu plutôt que sur ses zones d’application : si les moyens ne peuvent commander aux fins, atteindre ces dernières ne se fera pas sans les premiers. Nous espérons de la sorte vous aider à vous forger votre propre opinion avant le premier tour du 23 avril prochain, et continuer ainsi à apporter notre contribution au débat stratégique national.

Pratiquement, nous l’avons fait suivant les mêmes règles qu’en 2007 et 2012 (1), après avoir délibérément sélectionné les candidats ayant le plus fort potentiel électoral, en cherchant dans le même temps à couvrir l’ensemble du spectre politique. Ils avaient chacun droit à 14 000 signes (espaces et questons comprises), et il est d’ailleurs intéressant de voir la longueur des réponses apportées. Si toutes et tous ne sont pas égaux en matière de connaissances militaires ou encore de constitution d’équipes de conseil appropriées, il faut aussi constater que la rédaction d’un programme ou l’expression d’intentions se heurte fréquemment aux réalités.

Voici les questions posées aux présidentiables  :

1) Les engagements opérationnels et diplomatiques des armées sont nombreux et celles-ci se heurteront, durant le quinquennat, aux défis des renouvellements de la dissuasion, des capacités conventionnelles et de la structure de forces. Comptez-vous lancer, une fois entré en fonction, un exercice de type « livre blanc » ?

2) Une nouvelle loi de programmation militaire sera nécessaire pour l’après-2019. Or les 2 % du PIB consacrés à la défense, dont il est fréquemment question, représentent, pour certains observateurs, « un plancher plutôt qu’un plafond ». Comptez-vous accroître le budget de défense et, si oui et compte tenu de la dette et de la dépense publiques, comment allez-vous faire ?

3) Les volumes de forces disponibles dans les trois armées sont historiquement bas, qu’il s’agisse de régiments de mêlée, d’avions de combat ou de bâtiments de combat principaux. Faut-il remonter en puissance ?

4) Les armées sont fortement engagées : réassurance à l’Est, opérations en Afrique et au Levant, « Sentinelle » sur le territoire national, opérations en haute mer et sur le deuxième domaine maritime mondial, posture permanente aérienne, dissuasion, diplomatie de défense. Faut-il réduire le nombre de missions ? « Sentinelle » doit-elle être maintenue sous sa forme actuelle ou sous une forme adaptée ?

5) Une interview publiée en janvier dans nos pages montre d’une manière parfois crue la réalité de la réserve opérationnelle. Quelle vision avez-vous pour les dispositifs comme la réserve opérationnelle ou la Garde nationale ?

6) L’OTAN et l’Union européenne sont deux des plus importants piliers de la sécurité européenne. Quelle sera votre attitude à leur égard ? Faut-il renforcer le poids de l’OTAN et/ou pousser au développement d’une défense européenne ? Dans ce dernier cas et compte tenu du grand nombre de forces bi/multinationales déjà existantes, comment procéder ?

7) La Chine a une attitude révisionniste en mer de Chine méridionale. Actuellement, notre présence militaire dans la région est épisodique dès lors qu’elle n’est pas prioritaire selon les deux derniers livres blancs. Faut-il être plus présent dans la zone ?

Retrouvez leurs réponses dans DSI n° 128, actuellement en kiosque !

À propos de l'auteur

Joseph Henrotin

Joseph Henrotin

Rédacteur en chef du magazine DSI (Défense & Sécurité Internationale).
Chargé de recherches au CAPRI et à l'ISC.

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